3D… What else ?

3D… What else ?

C’est dit, sur tous les tons, sur tous les modes. La révolution est en marche. Gare aux esprits étroits qui se lèveraient contre le progrès triomphant. Le Web sort enfin de sa platitude besogneuse pour s’abandonner sans retenue aux libertés enthousiastes d’un monde soudain plus grand, plus vaste, plus chouette, plus vrai.
Et pourquoi ? Parce qu’enfin les réseaux-sociaux cessent d’être des hubs  vides pour devenir des espaces en construction permanente ? Parce que les interfaces utilisateurs deviennent réellement des portes d’entrée vers des espaces expérientiels, individuels ou collectifs ? Parce que les différents médias (textes, animations, vidéos interactives ou non, illustrations, modules interactifs) cessent d’être cloisonnés, étagés, pour s’enrouler, se répondre, se prolonger dans un ensemble cohérent ?
Bah, non, simplement, maintenant, c’est  eau, gaz, 3D à tous les étages. Je caricature… à peine.

Il n’y a qu’à constater le nombre de moyens, plateformes, projets qui autorisent tous les acteurs du web à goûter aux joies de la « liberté ». Liste non finie : Unity, Google (O3D), les frameworks Flash dédiés (papervision, Sandy, Away3D…) et bientôt WebGL avec Canevas 3D . Toutes ces solutions permettent, du moins dans l’intention, de nous affranchir des vieilles antiennes et de proposer enfin des contenus interactifs, immersifs, d’enrichir notre expérience, de révéler toute une terra incognita, à nos regards retranchés.

Du moins, dans l’intention.

Parce que dans les faits, se retrouver à ahaner comme un Link moyen dans un succédané de second life, à frôler le mal de mer au sein de paysages en panoramiques (de Bentham?) omnidirectionnels et omninutiles, semble assez éloigné du bond quantique, vanté ou espéré.

Pire, il n’y a pas dans cette débauche de moyens, de stimulations ou de leviers pour étendre les mécanismes cognitifs mis à l’œuvre dans le rapport individu / supports numériques. C’est même presque le contraire qui se produit, tant la focalisation sur le « signifiant » prévaut sur l’expérience, l’interrogation, le questionnement, la mise en perspective que l’on peut trouver, naturellement ou pas, à travers d’autres supports numériques, plus « classiques » (donnie darko, lifeswich). Et la pauvreté structurelle de ces dispositifs, où la 3D sert de cache-misère rutilant à l’absence d’écriture, d’objectifs ou d’intentions, interpelle.

Loin de moi l’idée de décréter que la « 3D » c’est moche, inepte et que cela ne sert à rien. Au contraire, un projet comme HBO Imagine porte toute la puissance d’une recomposition de l’espace au service d’une écriture vaste, polymorphe, où la multi-dimensionnalité sert autant la construction d’une carte-mentale de l’univers proposé, que de levier à une immersion réelle, au sein d’une histoire, acquérant une dimension sensible, organique  propre à la rétention, à la construction d’un lien sensible et porteur de sens.

HBOHBO2

Le véritable enjeu de l’utilisation de la 3D au sein de dispositifs interactifs, qu’ils aient une vocation de partage, de communication, d’expérience, d’apprentissage, tient justement à leurs capacités à spatialiser une histoire, à matérialiser l’organisation et les relations au sein d’un dispositif interactif,  à servir de guide ou de marqueur à une expérience individuelle ou collective.

La vérité est ailleurs ?

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